Retour au bureau obligatoire : ce que l'échec québécois enseigne aux PME
Comme le rapporte Radio-Canada, les fonctionnaires du Québec doivent travailler au moins trois jours par semaine au bureau depuis le 26 janvier 2026. Neuf mois plus tard, le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) publie un bilan peu flatteur de cette mesure.
Ce que révèle l'enquête
5 896 professionnels ont répondu en juin et juillet 2026, environ six mois après l'entrée en vigueur de la mesure.
90 % jugent faible ou inexistante la valeur ajoutée d'une présence accrue au bureau.
La collaboration ne s'est pas améliorée, alors que c'était l'un des principaux objectifs visés.
Le sentiment d'appartenance s'est dégradé pour une personne sur trois.
La fatigue numérique est plus fréquente au bureau qu'en télétravail.
L'efficacité a diminué, surtout à cause des difficultés de concentration.
Il s'agit d'un sondage syndical qui mesure la perception des employés. Il reste un signal à prendre au sérieux.
Pourquoi c'est pertinent pour votre PME ou votre OBNL
Une règle de présence imposée à tous, sans objectif mesurable ni suivi, peut produire l'effet inverse de celui recherché.
Un enjeu de santé psychologique
Fatigue numérique, difficulté à se concentrer, sentiment d'appartenance qui s'effrite: ces constats touchent directement la santé psychologique des employés. Depuis la modernisation du régime de santé et de sécurité du travail par la Loi 27, tout employeur québécois doit identifier et contrôler les risques psychosociaux liés au travail, dans son programme de prévention s'il compte 20 travailleurs et plus, ou dans son plan d'action s'il en compte moins de 20. Un changement d'organisation comme un retour au bureau fait partie des situations à évaluer: mieux vaut le mesurer avant de l'imposer que d'en gérer les effets après coup.
Un coût qui pèse de plus en plus : l'essence
Chaque journée de plus au bureau, c'est un aller-retour de plus à payer. Selon la Régie de l'énergie du Québec, le prix moyen de l'essence ordinaire atteignait 195,3 ¢ le litre la semaine du 5 octobre 2026, après une hausse de 10,9 ¢ le litre entre août et septembre.
Exemple : pour un trajet de 40 km aller-retour avec une voiture qui consomme 8 L/100 km, une journée de plus au bureau coûte environ 6,25 $ en essence. Sur une année, cela représente près de 290 $ de plus pour l'employé, sans compter le temps de déplacement, le stationnement et l'usure du véhicule.
Pour les employés, le télétravail est donc aussi une économie bien concrète. Pour l'employeur, c'est un argument d'attraction et de rétention à ne pas négliger, surtout là où les distances sont longues et le transport en commun limité.
Quatre leçons à retenir
Fixez un objectif clair avant d'imposer des journées au bureau.
Mesurez avant et après : productivité, absentéisme, roulement, climat d'équipe.
Laissez les gestionnaires adapter la formule aux besoins réels de chaque équipe.
Rendez les journées au bureau utiles : rencontres d'équipe, mentorat, et des espaces calmes pour se concentrer.
Encadrer le télétravail par écrit
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Sources
Commun-RH a utilisé l'assistance de l'intelligence artificielle pour rédiger cet article.




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